Introduction du Brevet FR601155 (A)
Déposant : Georges Lakhovsky
Déposé : 18 octobre 1924
Délivré : 26 novembre 1925
Publié : 24 février 1926
Perfectionnements apportés aux dispositifs générateurs d’oscillations électriques par circuits oscillants.
Le brevet décrit un dispositif qui place le circuit oscillant à l’intérieur de l’enceinte même de la lampe à triode (audion). Les connexions externes et les capacités parasites liées aux fils, bornes et culots sont ainsi supprimées : les éléments du circuit (self réduite à une spire ou moins) sont reliés directement aux grilles et aux plaques. Seuls les fils d’alimentation du filament et du circuit plaque sortent de l’ampoule.
Les oscillations produites sont pures et rayonnent par induction à l’extérieur de la lampe. Cette disposition permet d’atteindre des longueurs d’onde beaucoup plus courtes que celles obtenues avec les montages classiques, tout en évitant les distorsions en radiotéléphonie.
Plusieurs réalisations sont prévues :
- montage classique ou symétrique (type Mesny) entièrement contenu dans l’ampoule ;
- versions à un seul filament (moitiés en série ou parallèle) ou à deux grilles ;
- plusieurs triodes dans une même enceinte, avec circuits et liaisons éventuellement extérieurs, garantissant un vide identique pour tous les éléments ;
- condensateur variable interne à contrepoids, réglable par rotation de l’enveloppe.
Le dispositif s’applique indifféremment aux basses, hautes et très hautes fréquences.




Description du brevet FR601155 (A)
Perfectionnements apportés aux dispositifs générateurs d’oscillations électriques par circuits oscillants.
Avec tous les générateurs d’ondes électriques, par lampes audions, de quelque longueur que ces ondes soient, on est gêné dans bien des cas par les effets de capacités dus au voisinage des connexions, fils, bornes, fiches, etc. Si les oscillations sont modulées pour la transmission radiotéléphonique, il se produit des distorsions déformant le timbre; si l’on veut descendre à des longueurs d’ondes très courtes, on se heurte à des impossibilités matérielles. II faut avoir recours à des artifices ou des complications sans nombre ; encore n’a-t-on pas pu pratiquement descendre au-dessous de 1-50, alors qu’il est possible d’entrevoir, dès à présent, ses applications où la fréquence des oscillations devrait être bien supérieure à 200 millions à la seconde, en T. S. F. rayonnante, dirigée, sur fil, en thérapeutique, etc.
L’objet du présent brevet est un dispositif, et ses variantes, qui permet d’éviter tous ces écueils et, d’une part de produire des ondes pures, d’autre, part de descendre à des longueurs beaucoup plus petites due celles qui sont obtenues même en laboratoire à l’heure actuelle.
II repose sur la réalisation du circuit oscillant combiné avec le triode dans l’enceinte môme de celui-ci, On va considérer, pour illustrer cette caractéristique fondamentale, le cas d’un producteur d’ondes très courtes. Il sera aisé d’en conclure à l’application générale.
Comme on l’a dit plus haut, avec les circuits et montages classiques, on est gêné, pour la production des ondes très courtes par audions, par les capacités parasites dans les lampes, dans leur culot, par les broches, etc.
Selon la présente invention, toutes les connexions sont supprimées et les bornes des circuits oscillants sont reliées directement aux grilles et aux plaques, ces circuits étant. constitués dans l’enceinte même de l’audion. Comme,. dans ce cas particulier, les circuits oscillants sont réduits à rien, une spire ou même moins (et même rien du tout suffisant à assurer la self par exemple, on peut placer tous les organes dans (enceinte de la lampe génératrice. Seuls les fils d’alimentation du filament et du circuit plaque sortiront de l’ampoule. Les oscillations ainsi générées seront parfaitement pures et elles agiront par induction à l’extérieur de la lampe.
Il est clair que l’enceinte peut être démontable comme celle des lampes Holweck or accessible par tout autre procédé de rupture de l’enveloppe. Sur la figure 1 du dessin on a représenté l’application avec un montage classique, la boucle S suffisant à assurer la self et les trois fils d’alimentation haute et basse tension sortant seuls, en des places qui peuvent d’ailleurs être assez écartées pour qu’il n’y ait pas de réaction capacitaire entre eux.
Sur la figure 2 on a monté un montage symétrique, analogue à celui que M. Mesny. utilise pour la production d’ondes courtes et qui est dû à Eccles.
Tout est placé dans l’ampoule même (figurée en trait mixte) dont ne sortent que les fils d’alimentation haute et basse.
On a représenté en ponctué la liaison d’un condensateur shuntant la self qui peut être éventuellement utilisée. Les plaques et grilles sont reliées directe ment au circuit oscillant supprimant ici encore toute cause de mauvais rendement.
Dans la figure 3 on montre un montage semblable; mais au lieu d’avoir deux filaments F1, F2, il n y en a qu’un seul dont les moitiés sont alimentées en série ou en parallèle.
Cette disposition est particulièrement avantageuse avec les lampes ordinaires.
Le degré de vide est ici le même aux deux espaces filament-plaque, ce qui est impossible à obtenir avec des lampes séparées, cause d’inconvénients irrémédiables.
Une simplification ultérieure de ces dispositions, analogue à la lampe à deux grilles, est représentée dans la figure 4; un seul filament et deux grilles (lui peuvent être de chaque côté, mais qui pourraient être voisines, superposées ou à enroulements parallèles (vis à double filet; le filament travaillera éventuellement par moitié alternativement suivant les potentiels instantanés des grilles.
On n’a décrit que des exemples de réalisation de la solution générale donnée au début. Ces exemples tout en n’étant pas limitatifs, doivent être considérés comme constituant en eux- mêmes des oscillateurs spéciaux, véritables produits industriels nouveaux, objets subsidiaires du présent brevet.
Il est évident que les liaisons, si elles devaient être trop importantes, ainsi que les éléments du ou des circuits oscillants, pour raient être rejetées hors de l’enceinte; et l’on doit considérer, comme un objet du brevet, la disposition, dans une même enceinte, des éléments de plusieurs triodes, entre lesquels, les fils étant sortis hors de l’enceinte, pourront être établis tous les montages et toutes les insertions (condensateurs, selfs, transformateurs, etc.) suivant les circonstances. Grâce à cette disposition le degré de vide et d’ionisabilisation est rigoureusement le même pour tous les triodes, ce qui est impossible à réaliser avec des triodes individuels.
Dans tous ces montages on semble n’envisager que la génération d’ondes de longueur déterminée; il est possible de leur adjoindre un condensateur variable qui permettrait le réglage de la longueur d’onde, branché aux bornes d’une des selfs.
La figure 5 montre une disposition de ce genre avec une armature A fixe solidaire de l’enveloppe, l’autre M étant montée sur axe avec contrepoids W de sorte que par une rotation judicieuse de l’enveloppe on provoque la variation de position relative de A et de M.
Ce condensateur variable pourrait d’ailleurs être évidemment utilisé indépendamment des montages qui viennent d’être décrits.
Comme on l’a vu tout au long de ce texte, rien n’implique que les longueurs des ondes générées soient plus ou moins grandes. Il doit donc rester bien entendu que les générateurs indiqués, tant en principe que dans leurs détails, peuvent servir à tous usages en basse, haute ou très haute fréquence.
Si l’on redoute que la présence, dans une enceinte où le vide devra être poussé, de masses métalliques, provoque des dégagements de gaz, on pourra envelopper ces masses (sauf les grilles et les plaques bien entendu) d’un enduit de verre, émail on autre protecteur soudé au métal à chaque extrémité.
Comme on l’a dit, tout dispositif de vidage pourra être employé en connexion avec ces enceintes, si elles ne sont pas scellées.
Résumé
Générateurs d’ondes électriques par lampes audions caractérisés par l’insertion dans l’enceinte de la lampe de toutes les connexions et des éléments du circuit oscillant.
Types de générateurs ordinaires symétriques et doubles, réalisant cette caractéristique. Disposition des éléments de plusieurs triodes dans une même enceinte hors de laquelle sont rejetés les circuits et liaisons. Condensateur variable à oscillation sous contrepoids.